Belgische toespraak op Durban II
Discours du Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères Monsieur Karel de Gucht
Conférence d'Examen de Durban
Monsieur le Président,
Madame la Haut Commissaire,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Je suis présent parmi vous aujourd'hui pour démontrer ma détermination et ma conviction.
Certains ont choisi d’utiliser la confrontation lors de cette Conférence, d’autres ont choisi l'absence. En ce qui me concerne – je vous le dis clairement - nous choisissons l'engagement et le dialogue : un dialogue franc et un engagement ferme. La lutte contre le racisme et les discriminations exigent de nous une réaction non ambiguë. C'est en effet le moins que l'on puisse faire pour les victimes du racisme et des discriminations.
Ma participation aujourd’hui est aussi le résultat de ma conviction qu’il est nécessaire de condamner sans réserve les déclarations intolérables et haineuses du Président iranien. Ces déclarations sont totalement contraires aux principes et valeurs des Nations Unies. De tels propos sont d’autant plus choquants que les Etats Membres des Nations Unies sont réunis ici pour renouveler leur engagement à lutter contre le racisme et l'intolérance. L’intervention du Président iranien contredit la lettre et l’esprit du texte que nous venons d'adopter. Elle est également contraire aux engagements pris par l'Iran à Durban en 2001. La Déclaration et le Programme d'Action de Durban condamnent en effet l'antisémitisme comme l'islamophobie et l'anti-arabisme et rejettent toute incitation à la haine.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Nous ne pouvons laisser le champ libre à ceux qui défendent des positions radicales et intolérantes. Nous devons veiller à ce qu’ils prennent cette conférence en otage.
Notre conférence est censée d’évaluer les progrès accomplis dans la lutte contre le racisme et les discriminations et, force est de constater que le racisme persiste, y compris, et je le regrette, en Belgique. Dans certaines régions du monde, des personnes continuent de se voir refuser un emploi ou un logement en raison de la couleur de leur peau, des travailleurs domestiques étrangers sont maltraités, des minorités religieuses sont persécutées car elles ne respectent pas la religion officielle du pays où elles se trouvent, des personnes sont tuées car elles osent changer de religion, des femmes sont victimes de discrimination. Malheureusement, « l'étranger », « l'autre » reste encore synonyme de peur et d'incompréhension. Ces actes demandent une réaction ferme et sans équivoque.
Pour sa part, la Belgique s'est dotée d'une législation solide pour lutter contre le racisme et toutes les formes de discrimination. Nous avons établi un Centre pour l'égalité des chances et de lutte contre le racisme qui peut déposer plainte devant la justice - aussi contre les autorités. Suite à la Conférence de 2001, la Belgique a adopté un plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Ces mesures traduisent la volonté de lutter contre le racisme et les discriminations. Mais elles doivent s'accompagner d'une vigilance renforcée et d'un engagement constant pour assurer une société libre et tolérante.
Mesdames, Messieurs,
La Belgique s'est activement impliquée dans la préparation de cette Conférence, dans la suite de son engagement lors de la Conférence mondiale contre le racisme de Durban en 2001 et se réjouit que les travaux ont pu être mener à bien. Le résultat final représente bien sûr un compromis, fruit de négociations difficiles et tendues, et, il faut le reconnaître, pas parfait selon le goût de chacun. La Déclaration et le Programme d'Action de Durban ne l’était pas non plus. Pourtant ils ont le mérite d’avoir constituer une base pour lutter contre le racisme et les discriminations ; ceci malgré les excès et débordements causés par des propos extrémistes et inacceptables lors du forum des ONG à cette époque. Aujourd'hui aussi, je suis ici pour démontrer, avec conviction, que lorsque les principes et valeurs doivent être défendus, il faut être présent, dialoguer et participer. Comme l'a bien illustré le Secrétaire Général des Nations Unies, c'est en confrontant dignement nos points de vue que nous pourrons progresser ensemble.
Mesdames, Messieurs,
Il y a à peine plus d’un mois, lorsque je suis venu à Genève devant le Conseil des Droits de l’Homme, j’ai exprimé mon inquiétude quant aux orientations que prenait le processus préparatoire de la Conférence, et ce tant sur la substance que sur la procédure. Les négociations ont été très difficiles, même houleuses. Trop souvent, le sort des victimes a été négligé au profit de questions étrangères à la lutte contre le racisme.
Début mars, le projet de texte était inacceptable pour nous. Il s’écartait des objectifs. Le processus a connu des dérives que je condamne fortement. La Belgique était particulièrement préoccupée par les tentatives de certains de remettre en question les droits fondamentaux ou de nier leur universalité. Ils sembleraient se sentir menacer dans leur souveraineté par l’insistance, par des acteurs internationaux, sur l’application de ces normes universelles.
A ce sujet, je regrette tout particulièrement la croissance du souverainisme, mettant de plus en plus sous pression le multilatéralisme. Nous devons combattre ce souverainisme grandissant, et la logique qui veut que d’autres pays et organisations internationales n’ont pas à se mêler à ce qui se passe à l’intérieure de chaque pays. Nous devons continuer à ½uvrer pour une coopération et une action multilatérale quand la population civile est victime d’abus graves des droits de l’homme et continuer à s’engager en faveur du droit international qui constitue, pour ces victimes, l’ultime recours leur offrant au moins encore une forme de justice.
Contrairement au souverainisme, la souveraineté est indivisiblement liée à la démocratie et à la responsabilité et la légitimité qui en constituent les fondations. L’universalité de la démocratie ne peut pas être mise en cause sans mettre en question l’égalité entre les personnes. La démocratie est une valeur universelle. Que les règles du jeu de la démocratie ne sont pas respectées partout ne changent en rien leur universalité. Ce n’est pas parce qu’il y a des gens en prison à cause de leur opinion politique, que la liberté ne soit pas une valeur universelle. Nous ne pouvons point tomber dans le piège d’un relativisme politique qui essaie de présenter souveraineté et souverainisme comme deux options de société de la même valeur. Le choix en faveur du souverainisme n’est jamais fait par le peuple, mais toujours par ces dirigeants autocratiques.
L’égalité entre les individués est un principe universel. Dans un monde où les tensions ethniques, économiques et religieuses menacent de refaire surface, il est d’autant plus important de réaffirmer l’universalité de ces valeurs.
Les difficultés dans les négociations ont particulièrement porté sur la notion de la diffamation des religions, notion contraire aux droits de l'homme qui ont pour objectif de défendre l'individu dans ses droits et ses libertés. Ceux-ci ne peuvent être utilisés pour protéger des idées ou concepts comme les religions, au détriment des droits des individus. La diffamation des religions n’est pas réconciliable avec la liberté d’expression et les droits de l’homme. Il serait donc inconcevable que le texte final contienne cette notion.
Grâce aux efforts sans relâche de plusieurs délégations et aux concessions faites par toutes les parties, la Conférence a été en mesure d'adopter un document final par consensus.
La Belgique aurait pourtant voulu davantage d’élément repris dans le texte de cette Conférence ; notamment une forte condamnation de la discrimination sur base de l'orientation sexuelle. En effet, trop souvent dans le monde, des personnes sont tuées simplement parce qu'elles osent aimer quelqu'un du même sexe. Mon pays aurait également voulu une forte référence à la Cour Pénale Internationale. Aussi la responsabilité de protéger, endossée par nos Chefs d'Etats en 2005, y aurait dû être réaffirmée sans réserve, surtout en ces temps où les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre sont encore malheureusement trop présents dans le monde.
La Belgique a toutefois décidé d'accepter ce document aux négociations duquel elle a activement participé. Comme l'a justement souligné la Ministre des Affaires étrangères de l'Afrique du Sud, Madame Zuma, ce texte ne nous satisfait pas individuellement, mais bien collectivement. Et, il contient des éléments importants pour la Belgique. Il aborde le racisme et les discriminations comme un phénomène global qui touche tous les pays du monde. Il rappelle que toutes les victimes doivent avoir la même protection. Il réaffirme le rôle essentiel de la liberté d'expression dans la lutte contre le racisme tout en condamnant l'incitation à la haine conformément au droit international. Il condamne toutes les formes multiples et aggravées de discrimination. Et il réaffirme l'importance de la démocratie pour lutter contre le racisme.
Je tiens donc à remercier Monsieur Yury Boichenko, Facilitateur de ces longues négociations, non seulement pour le travail remarquable qu'il a accompli en permettant l'expression d'une vision commune de la Communauté internationale dans la lutte contre le racisme et les discriminations, mais aussi pour avoir pris le risque de mener et poursuivre ces négociations à un moment ou leur issue était plus qu'incertaine. Je tiens également à remercier la Haut Commissaire, Madame Pillay, ainsi que son équipe, pour leur engagement ferme dans ce processus. A titre personnel je saisis l’occasion pour remercier notre experte belge pour la dévotion qu’elle a démontrée depuis des mois, jour et nuit, pour mener à bien ce processus.
Mesdames, Messieurs,
Le racisme et l'intolérance peuvent pousser l'être humain à commettre les pires atrocités. Alors que ce lundi nous venons de commémorer l'Holocauste et qu'en ce mois d'avril nous commémorons le 15ème anniversaire du génocide au Rwanda, ayons une pensée pour toutes les victimes de racisme et de discrimination partout dans le monde.
Peut-on affirmer que ce texte fera une différence pour les victimes? Je dirais qu'il nous revient à nous tous d'assurer que ce sera le cas, de prendre nos responsabilités et de réellement mettre en ½uvre les engagements que nous avons acceptés. Voilà, le devoir qui nous attend.
Dans cette optique, la Belgique continuera à ½uvrer pour une plus grande coopération multilatérale et un multilatéralisme efficace. Ce que nous avons fait dans le cadre de cette conférence, nous le poursuivrons au sein du Conseil des droits de l’Homme.
Je vous remercie.
[Wat de Nederlandse versie betreft, zie hier.]
Reacties
oxbow
zaterdag, 25 april, 2009 - 12:43Er is geen Nederlandse versie van een Nederlandstalige die verzuimt in het Nederlands te spreken?
Rudy
zaterdag, 25 april, 2009 - 13:32Het Frans is wel een officiële taal in België EN de VN.
nuchtere
zaterdag, 25 april, 2009 - 13:34ik heb een donkerbruin vermoeden dat hij een europese wetgeving wil creëren die alle partijen die rechtser zijn dan z'n linkse VLD buiten de wet kan stellen
groot voordeel van deze kwestie is dat hij op deze conferentie aan tafel zit met de echte racisten... een pact aan't sluiten met de duivel om z'n eigen familie uit te roeien (rechts)
zo open is hij wel
nuchtere
zaterdag, 25 april, 2009 - 13:38@ Rudy
dat verwondert me niks... engels wordt begrepen door tot bijna 1/3 van de wereldbevolking terwijl frans amper aan een 10e van dat aantal komt... en dan moet het net een vlaamse politicus zijn die even frans gaat spreken
hij wou er vast zeker van zijn dat z'n waalse collega's zijn opvrijpoging goed zouden verstaan... zo kort voor de verkiezingen
LVB
zaterdag, 25 april, 2009 - 13:40Het zou een betere weerspiegeling geweest zijn van het niet exclusief Franstalige karakter van België, als De Gucht zijn toespraak deels in het Frans en deels in het Engels had gehouden. Nu wordt weer de indruk gewekt dat Belgie volledig Franstalig is.
Het Engels van De Gucht is, in tegenstelling tot dat van zijn voorganger, overigens voortreffelijk.
Rick
zaterdag, 25 april, 2009 - 14:20Mesdames et Messieurs,
Ceci était le discours de Monsieur De Gukt, grand combattant des discriminations ("L’égalité entre les individués (texto...) est un principe universel") qui cependant, dans sa Belgique qui lui est chère, n'hésite point de qualifier les membres du parti d'extrème-droite fasciste, le Vlaamse Block, de mestkévères.
Rudy
zaterdag, 25 april, 2009 - 15:50Luc, misschien heb je gelijk, misschien dan ook niet? Welke taal hebben de Zwitsers daar gebruikt? Frans of Engels of ook een mix?
LVB
zaterdag, 25 april, 2009 - 16:22Korte Engelstalige samenvatting uit het officiële verslag:
http://www.un.org/durbanrev...
"During the meeting, the Review Conference resumed briefly its high-level segment to hear the statement of Karel De Gucht, Vice Prime Minister and Minister of Foreign Affairs of Belgium, who said that the Review Conference was supposed to evaluate the progress made in the fight against racism and discrimination, and it was necessary to admit that racism persisted, including in Belgium. In certain regions of the world, people continued to suffer from discrimination in employment and housing, people were killed because they dared change their religion, and women were the victims of discrimination. Belgium had solid legislation to fight against racism and all forms of discrimination. However, this should be accompanied by increased vigilance and constant commitment to ensure a free and tolerant society.
Mr. De Gucht said it was necessary to condemn without reserve the intolerant and hate-filled declarations of the Iranian President at this rostrum. These declarations were contrary to the principles and values of the United Nations, and were shocking, contradicting both the letter and the spirit of the outcome document. Those who defended intolerant and radical positions should not be allowed to take the Conference hostage."
LVB
zaterdag, 25 april, 2009 - 16:29Interessante vraag, Rudy. Ik heb het even nagekeken. Maar ten eerste valt uit de verslagen niet op te maken in welke taal de spreker sprak, ten tweede bestond de enige inbreng van Zwitserland uit het organiseren van een fototentoonstelling over racisme. Er was dus geen toespraak van een Zwitserse vertegenwoordiger.
Ahmedinejad, sprak die Farsi (geen officiële VN-taal) of Arabisch (wel een officiële VN-taal)?
Rudy
zaterdag, 25 april, 2009 - 16:55Hij sprak Farsi, de enige officiel taal van Iran. Er zijn ook een paar regionala telen erkend maar geen Arabisch!
De zwitserse vertegenwoordiger, Dante Martinelli uit het Italiaans sprekend kanton Tessino, sprak alleen in het Frans:
http://un.org/webcast/durba...
PICA
zaterdag, 25 april, 2009 - 17:56Duits is ook een officiële taal in dit apeland.Taal dus van een werkende minderheid.De meest gesproken taal in de EU trouwens. Frans is een taal van een bedelende minderheid.Waarom gebruikt dat ventje uit Berlare dan die taal niet? Wordt die niet gesproken tijdens het metsen of zo?
EricJans
zaterdag, 25 april, 2009 - 17:59De Gucht sprak enkel Frans?
Ah... dan was hij voor mij de vertegenwoordiger van Franstalige Brusselaars en Walen. Ik stel vast dat het Vlaamse standpunt terzake niet aan bod is gekomen. De Franstalige Belgen hebben gewoon een spreker ingehuurd om de speech te geven en dat was toevallig een Vlaming.
Wat mij als 'Vlaming' (Zuid-Nederlander) getreft: ik sluit me voor deze conferentie over de hele lijn aan bij mijn landgenoten uit Noordelijk Nederland: niet opgedaagd, afwezig en in alle talen gezwegen. De Gucht heeft mij niet vertegenwoordigd.
Wat meer is: zijn de belgicisten uit op wat lucratieve zaakjes in Iran?
EricJans
zaterdag, 25 april, 2009 - 18:06Belgistan was overigens het enige EU-staatje dat een BZ-minister als sprekerd afvaardigde?
Je moet niet vragen hoeveel morele steun het Vlaams belang in de gehele EU geniet, wars van de Belgistaanse visie op haar stokpaardje 'rrrrrracisme'.
En hoe beter ze met de rechtstraakse materiële erfgenaam van Leopold II bevriend zijn, hoe anti-rrrracistischer ze zijn!
Is dit een grap of om te huilen?
joe
zaterdag, 25 april, 2009 - 19:45EricJans is eerder een grap, zou ik zeggen.
drd
zaterdag, 25 april, 2009 - 20:05Degucht zit enigszins op dezelfde golflengte als Bart Martens: Bush mocht Irak binnenvallen. Hij had enkel moeten zeggen dat het niet om WMD te doen was, maar -in Deguchts geval- om democratie en persoonlijke vrijheid te brengen of -in Martens' geval- om ecologische redenen.
EricJans
maandag, 27 april, 2009 - 08:38@ Joe:
Naar belgicistische maatstaven hoop ik als grap gepercipieerd te worden... even grappig als de democratie die België beweert te zijn... 't is maar voor de grap.
Bedankt voor 't compliment.
joe
maandag, 27 april, 2009 - 14:38zo geraken we het nog eens eens, EricJans
Griffioen
dinsdag, 12 mei, 2009 - 21:35wat is een taal, het gaat om de boodschap tiens